Entretien avec Bénédicte Tilloy, DRH de la SNCF

Entretien avec Bénédicte Tilloy, DRH de la SNCF


Nous avions mis en valeur il y a quelques temps deux DRH qui représentaient pour nous la simplification. Bénédicte Tilloy, DRH de SNCF nous a accordé un entretien à Paris pour aller plus loin sur sa vision, ses projets et son ambition pour cette année qui s’annonce riche.

Aujourd’hui qu’est-ce qu’un bon DRH ?

C’est une personne qui répond à sa mission première : faire matcher les besoins de ses salariés avec les besoins de l’entreprise. La difficulté réside à le faire à la fois à court terme et long terme, c’est à dire à l’échelle d’une carrière.

J’aime penser que ce métier doit être vu comme de la relation client.

C’est ce qui a constitué une partie de mon parcours avant d’arriver à ce poste de DRH. J’ai été frappée par les similarités : en connaissant bien les besoins des clients/salariés on fait des propositions qui fidélisent.

Le numérique évolue vite et apporte fréquemment son lot de métier nouveau, comment faites-vous pour rester au fait de ces nouveautés ?

Tout est question de veille. C’est pour cela que j’accorde une grande importance à me tenir au courant sur les réseaux sociaux et notamment twitter. C’est un formidable outil pour nourrir ma curiosité : échanger, raconter ce que je fais ou encore demander des explications sur de nouvelles pratiques.
Ces échanges virtuels ont permis d’initier des apéros-tweet bien réels : quelques dizaines personnes inscrites sur Twitter travaillant à la SNCF qui se rejoignent pour partager un verre. Lors du dernier événement de ce type, six niveaux hiérarchiques étaient réunis. Cela n’a pas empêché qu’on s’appelle par nos prénoms. C’est une vraie avancée pour le dialogue social.

La nouvelle génération attend quelque chose de nouveau de la part de l’entreprise. Une sorte de promesse, de vocation qu’elle ne retrouve plus ni dans la religion ni dans la politique. Comment pouvez-vous y répondre ?

Les repères au sein de la SNCF sont bousculés. Notre promesse depuis notre création est de donner du travail sur la durée d’une carrière. D’ailleurs la dérive est qu’il y a des collaborateurs qui viennent pour de mauvaises raisons : celle de la sécurité et non celle du défi. Aujourd’hui, nous avons une nouvelle génération qui vient sans savoir vraiment ce qu’elle veut. Notre rôle est de proposer des carrières alternatives.

Il y a deux vitesses à l’intérieur de notre organisation. Nous avons des collaborateurs qui veulent du cadre et être rassurés et d’autres qui courent vite et de ne veulent pas être embêtés dans leur dynamique.

On peut les comparer aux Corsaires et aux Marines.

Alors que les Marines suivent l’ancien modèle et le cadre de l’entreprise, les Corsaires constituent une communauté prête à agir différemment pour le bien de l’entreprise. C’est notre rôle d’accompagner les Corsaires afin qu’ils puissent avancer de manière bienveillante et en intelligence collective.

Bénédicte Tilloy

Bénédicte Tilloy

Les RH d’une entreprise comme la SNCF peuvent-elles être simples ?

Avoir des RH simples c’est possible quand on les construit sur une base vierge. Mon quotidien correspond  plutôt à démêler une solution déjà existante. Il y a beaucoup de parties prenantes et chaque changement représente un possible désavantage pour l’une d’entre elles. Nous sommes donc confrontés à des rituels de transformation très énergivores.

Une des possibilité pour simplifier les RH est de disrupter ces grands machins par l’usage !

On peut proposer notamment des tablettes numériques pour éviter de tout imprimer et montrer l’avantage de la transition digitale.

Collaborez-vous avec des compétences externes ? Certaines Start Up ? Certains outils ?

Nous sommes très investis dans le milieu de startups. Il y a 5 ans nous avons donné naissance à SNIPS grâce à un hackathon organisé par la SNCF (ndlr : une application qui permet d’anticiper l’affluence dans les trains). Notre direction du digital à un fond pour incuber un certain nombre de stratup dans un lieu qui se nomme « 574 » en référence au record de vitesse sur rail.

Maintenant il faut faire rentrer l’esprit startup en interne.

Ce qui est important est de transformer notre propre système, à la fois en front office et dans les vieux systèmes.

Avez-vous peur de devenir le Kodak du transport ?

La transition numérique est en cours. Est-ce que nous avons un rôle à jouer en tant que RH ? Je ne sais pas. La mutation est biologique dans le corps qui constitue l’entreprise. Nous sommes là pour accompagner, précéder et non courir derrière.

Est-ce que nous allons assez vite ? La réponse est évidemment non. Une fois de plus nous faisons face à de l’immobilisme. Le dernier exemple en date est le partenariat que nous avons noué avec AirBnB et Voyages SNCF qui a du être arrêté sous la pression des hôteliers.

2016 sera l’année de la transformation de la structure et de l’agilité. Nous parlerons objets connectés et bitcoins. Une nouvelle vision notamment au niveau de la DSI sera nécessaire.

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