Du Minitel rose à Station F : l’audacieuse trajectoire de Xavier Niel

Du Minitel rose à Station F : l’audacieuse trajectoire de Xavier Niel


Comment ce fils d’une famille « classe moyenne » de la banlieue parisienne est-il devenu l’entrepreneur le plus célèbre de France et la septième fortune du pays ? A coup de paris osés et parfois risqués mais souvent réussis grâce à une fine compréhension des enjeux liés au numérique.

L’Amérique a ses Steve Jobs, Bill Gates ou Mark Zuckerberg, self-made men ayant tiré très tôt profit de leurs intuitions pour bâtir des empires dans les nouvelles technologies. Longtemps restée orpheline de ce type de meneurs, la France peut aujourd’hui voir en Xavier Niel et sa success story le parfait écho aux grands dirigeants de la Silicon Valley, part d’ombre incluse.

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Une petite entreprise classée X

Né en 1967 à Maison-Alfort, Xavier Niel grandit à Créteil, dans le Val-de-Marne, aux portes de Paris. Son père est juriste, sa mère comptable. Au Noël de ses quinze ans, il reçoit en cadeau un ordinateur Sinclair ZX81 – une machine 8 bits souvent présentée comme le premier ordinateur familial vendu en kit en France. Si les fonctions de l’appareil sont sommaires, il n’en faut pas moins à Xavier Niel pour connaître un premier déclic. Celui qui l’amènera peu de temps plus tard à s’intéresser de près au Minitel. A 17 ans, il créé ses propres services de Minitel Rose (en gros, une messagerie payante d’échanges érotiques), un véritable eldorado pour initiés à cette époque. Les milliers de francs pleuvent. Dans le même temps, la petite entreprise classée X de Xavier Niel s’étend sur le Minitel et même en dehors avec l’achat de sex-shops et de peep-shows. A 24 ans, il est déjà millionnaire (en euros) et ne compte pas se la couler douce.

La révolution des télécoms

Après plusieurs tractations financières, Xavier Niel reprend en 1990 la société Fermic Multimedia qu’il rebaptise Iliade pour lancer de nouveaux services – moins sulfureux – comme l’annuaire inversé 3617 Annu ou le site societe.com. En 1995, il investit dans le premier fournisseur d’accès à Internet grand public en France, Worldnet, (revendu en décembre 2000 pour 40 millions d’euros) pour se concentrer sur son offre d’accès Internet, Free, et son triple play (Internet, téléphonie, télévision) révolutionnaire. Une méthode s’impose alors : celle de toujours chercher à disrupter le marché par l’innovation ou des prix agressifs (ou les deux à la fois). C’est de la sorte qu’il lance en 2012 son offre mobile aux forfaits exceptionnellement bas (seulement 2€/mois pour les abonnées à la box Free) et qui bousculera durablement les géants du secteur.

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L’ère des investissements

Dans le même temps Xavier Niel prend des parts dans de nombreux secteurs à commencer par celui des médias. Il soutient activement la création de Médiapart et devient copropriétaire du journal Le Monde. Un intérêt qui lui vaudra de nombreuses critiques, notamment des médias eux-mêmes, qui l’accusent de vouloir les faire taire alors qu’il connaît d’importante démêlées avec la justice. Il investit également chez Deezer et dans de nombreuses start-up grâce à son fond d’investissement Kima Ventures (créé en 2012) pour devenir un business angel de premier plan. Après l’Ecole 42, (une école d’informatique où l’apprentissage se fait de façon collaborative), sa nouvelle création a ouvert ses portes en grandes pompes en juin dernier, en présence du chef de l’Etat. Station F – c’est son nom – est le plus grand incubateur de start-up au monde.

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Crédit image : Station F

Station F

C’est dans un ancien hangar ferroviaire des années 20, à deux pas de la gare d’Austerlitz dans le 13e arrondissement de Paris, que débarque Station F. 34 000 m² aménagés pour accueillir près d’un millier de start-up. Sa directrice, Roxanne Varza, se félicitait auprès du journal Le Monde d’avoir « quasiment tout loué ». Microsoft, Facebook ou encore Ubisoft auraient déjà rejoint le navire dans lequel Xavier Niel a investi 250 millions d’euros de fonds personnels. L’objectif de ce campus est sans ambiguïté et se mesure à plusieurs échelles : soutenir et faire briller l’écosystème national de l’innovation mais aussi encourager les créateurs de start-up étrangers à venir s’installer à Paris. 3000 postes de travail, un restaurant, trois bars, des imprimantes 3D, des salles de réunions neuves et un auditorium de 370 places font partie des équipements censés les convaincre. Celui qui déclarait au magazine Society en 2016 : « L’Etat n’a plus d’argent, mais moi j’en ai », semble bien décidé à impulser sa propre dynamique à l’innovation française. Mais il faudra attendre encore un peu avant d’en observer les résultats…

Le témoignage de Paul Robein, co-fondateur de la start-up Youdeo, nouveau venu à Station F


« Nous avons créé Youdeo en 2015 avec en tête l’idée de faire découvrir des Youtubers talentueux – mais malheureusement pas assez mis en avant – par le biais du bouche à oreille sur Internet. Lorsque nous avons eu vent de l’ouverture de Station F, le projet nous a d’emblée intéressés. D’autant qu’il comprenait le programme Pépite-Starter par Pépite France et Schoolab, plutôt séduisant pour nous, en tant qu’étudiants-entrepreneurs. Trouver un incubateur est une de nos difficultés depuis longtemps. Nous avons envoyé un dossier de candidature en mai et nous avons rapidement été sélectionnés pour passer des entretiens devant plusieurs jurys. Au final, on s’est installés à Station F le 4 juillet.

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Pour 100€ par mois par personne, pendant 6 mois, on bénéficie d’un accès 24h/24 aux locaux, au matériel et à des formations personnalisées pour nous perfectionner. Surtout, notre visibilité s’est nettement améliorée : depuis un mois, on est régulièrement contactés par des journalistes curieux de connaître notre projet.

Avec Station F, tout devient à portée de main. Par exemple, pour rencontrer des partenaires potentiels, il nous suffit d’aller voir dans les bureaux à côté ! Le lieu est superbe et bien pensé même s’il est effectivement très grand. Malgré tout, on ne s’y sent pas comme dans une grosse entreprise sans âme. Il y a une vraie émulation qui s’y opère et qui profite à tous. »


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